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Nous ne possédons pas la vie. C'est la vie qui nous possède. M.J.
Il y a commentaires Les éditions virtuelles mjnx - © Michel Jauniaux 2009
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Page 1A ma femme La nuit était venue brusquement, intense. Et avec elle, à nouveau, l’angoisse, obstinée et oppressante. Ils marchaient en silence, attentifs qu'ils étaient à ne pas perdre la piste qu'ils suivaient. Etroite et sinueuse, elle surplombait un ravin peu profond. La fétidité puissante qui montait des masses végétales pourries rappela à Jacques ses longues heures passées à guetter, englué dans la vase, possédé par la magie inquiétante des nuits qui n'en finissaient pas. Chaque aube était une délivrance. Païen, il eut adoré la naissance du soleil colorant les eaux lisses de pastels délicats. Vernier marchait vite malgré l'obscurité. Jacques le suivait avec peine, le maudissant intérieurement. Il perdait parfois l'équilibre et tombait en contrebas. Vernier l'attendait alors, sans rien dire, et ils repartaient. Il trébucha à nouveau et se rattrapa de justesse au feuillage poisseux d'un arbuste. Il cria : — Tu ne peux pas aller moins vite, non ! |